HISTOIRE VECUE D’ARTAUD - MOMO

Le 13 janvier 1947 au théâtre du Vieux-Colombier, devant un parterre qui, d’André Breton à Gide, Picasso, Dullin ou encore Adamov, réunissait tout le gotha artistique et intellectuel de la capitale, Artaud le Mômo ne parvint pas à lire les feuillets qu’il avait apportés.

Il a alors 50 ans, mais son corps a tant souffert des électrochocs, de l’asile, des envoûtements, de la drogue, qu’il lui est impossible d’articuler une simple phrase.

Seuls quelques cris, phrases extralucides, délires schizophrènes, quelques mots chargés d’une insondable souffrance s’échappèrent de lui, plaçant l’assistance dans un état d’indicible malaise…

Il s’agit avec ce tête à tête, c’est certain, d’aller au réel, guidé par les signaux de détresse d’un homme seul, et qui, comme d’autres êtres seuls, ne se résigne pas à voir l’humanité entière s’échouer sur les rivages mous où règnent en maîtres les microbes de la connerie, comme disait cet autre grand poète, Léo Ferré. Gérard Gelas

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